(13.08.2007) La Banque nationale suisse (BNS) fête un siècle d’existence. C’est l’occasion de rappeler que nous devons à cette vénérable institution la longue période de stabilité des prix et de prospérité.
Cependant, cet évènement survient dans un contexte inédit d’affaiblissement du franc par rapport à une monnaie, l’euro, qui pèse très lourd dans notre commerce extérieur. Pour y remédier, la BNS a relevé à plusieurs reprises son taux directeur, malgré une inflation très faible. Cette contradiction entre une politique monétaire prudente et des fondamentaux rassurants cache une réalité plus complexe.
C’est que la fermeté du franc a toujours aidé la BNS dans son objectif de maîtrise des prix, car pour compenser le renchérissement d’origine monétaire de ses exportations, la Suisse été contrainte d’innover en permanence. Ce facteur n’a pas peu contribué à renforcer sa compétitivité.
La situation a cependant changé depuis la création de l’euro en 1999. C’est moins l’ampleur de la dépréciation de notre monnaie par rapport à l’euro (15%) que sa durée (quatre ans de baisse continue) qui inquiète.
Un atout pour nos exportations
Les milieux d’affaires suisses voient dans cette baisse un atout pour nos exportations. Mais si la situation se prolongeait, nos entreprises ne se sentiraient-elles pas tentées d’utiliser la faiblesse du franc comme un oreiller de paresse ? Et jusqu’à quel point les délocalisations et les déréglementations observées un peu partout, qui nous font profiter de l’importation de produits bon marché, continueront-t-ils de jouer ? Ces facteurs s’ajoutent aux rigidités de notre marché du travail et aux obstacles à la concurrence.
En relevant ses taux, la BNS montre son attachement à prévenir toute envolée des prix liée à la baisse du franc. En vain, car cette baisse est uniquement imputable aux opérations spéculatives des « carry traders » qui tirent profit du moindre écart des taux d’intérêts entre l’euro et le franc. Pour y mettre un terme, il faudrait pratiquement aligner nos taux sur ceux de la zone euro. Avec les conséquences que cela induit.
Les autorités politiques ne peuvent pas se défausser sur la BNS. Pas plus que cette dernière ne peut faire le travail des élus. Ni dans le domaine de la politique économique, budgétaire et fiscale. Ni dans celui de la gestion des effets d’une hausse excessive et durable des taux d’intérêt. Cette hausse risque de ruiner les familles qui se sont endettées pour acquérir leur logement.
Dans cette hypothèse, la seule réaction possible serait que la Confédération se penche le plus tôt possible sur une révision de l’imposition de la propriété immobilière. Révision qui permettrait de conjuguer le maintien dégressif de la déductibilité des intérêts hypothécaires et une réduction simultanée de l’imposition de la valeur locative. Ce système encouragera le désendettement et prémunira les jeunes propriétaires des fluctuations hypothécaires.
Une chose est sûre, les partis politiques engagés dans la course pour les prochaines élections fédérales ne pourront pas laisser la problématique de fonds soulevée par la baisse du franc à la seule BNS.
Le programme des radicaux pour la prochaine législature
Notre programme comporte des éléments de nature à répondre aux questions de fonds qui sous-tendent aussi bien les problématiques économiques et sociales que celles à caractère monétaire. Ce programme vise à soutenir durablement la croissance, en misant sur l’intelligence et l’ouverture, ainsi que sur l’équilibre intergénérationnel qui mobilisera toutes les énergies du pays. Il mise, en particulier, sur la baisse de l’imposition directe, l’amélioration de la fiscalité des PME et une réforme intelligente de a TVA.
Il prévoit aussi le renforcement de la concurrence à tous les niveaux pour stimuler l’innovation et la croissance, ainsi que l’amélioration du pouvoir d’achat.
Notre programme table, enfin, sur la poursuite de la politique de réduction des déficits publics et de l’endettement entamée avec succès par notre Conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz.
C’est, nous semble-t-il, le meilleur moyen pour défendre, dans la durée, notre économie et notre monnaie. La BNS se consacrant au pilotage à court terme de la politique monétaire, ce qu’elle sait très bien faire.
(Source : Journal La Tribune de Genève, 30.08.2008)




